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Imaginez l'odeur âcre du métal chauffé, le bruit incessant des machines qui broient les doigts des ouvriers. C'est dans cet univers étouffant de l'Ain en 1893 que Cécile Baudin pose son intrigue.

Ce premier roman, lauréat du prix Polar + du roman noir historique, suit deux femmes qui creusent des mystères liés à la révolution industrielle. Pas de courses-poursuites inutiles, mais une enquête qui colle à la peau comme la suie des usines.

Je l'ai lu en deux soirées, incapable de lâcher. Et vous, prêt à plonger dans ces filatures maudites ?
Marques de fabrique




L'histoire qui accroche dès les premières pages

Ain, 1893. Claude Tardy, inspectrice du travail, doit se déguiser en homme pour faire son boulot. Avec son mentor Edgar Roux, elle tombe sur un suicide bizarre : un jeune pendu, emmêlé dans des fils de métal.

Trois mois plus tard, un corps congelé sort d'un lac. Sosie parfait du mort. Pendant ce temps, une fileuse, Rose, cherche son frère disparu dans les usines de soie et de filature.

Les deux affaires se croisent, révélant une machination autour des industries locales. Cécile Baudin mélange faits historiques et fiction sans forcer. Le rythme alterne chapitres courts, tendus. On sent la pression monter, comme la vapeur des machines.



Les personnages, solides comme les chaînes des tréfileries

Claude, travestie, rusée, porte l'enquête principale. Elle cache sa poitrine sous des bandages, parle grave pour passer inaperçue. Son mentor, Edgar, apporte du calme face à son feu.

Rose, ouvrière, endure la misère quotidienne : journées de 14 heures, doigts mutilés. Elle fouille les ateliers sombres, pose les bonnes questions.

Pas de héros surhumains. Ces femmes luttent contre les patrons, la société, et leurs propres limites. Un détail qui marque : Claude qui ajuste son chapeau pour masquer une mèche rebelle, signe de sa féminité secrète. Ça rend tout vivant.



Ambiance : l'enfer des usines fin 19e

L'Ain industriel, avec ses tréfileries et filatures de soie. Machines monstrueuses qui avalent le métal ou la soie brute. Air saturé de poussière, bruits assourdissants.

Cécile Baudin a dû fouiller les archives : on apprend le vrai fonctionnement des industries locales. Ouvriers prisonniers de dettes, enfants au travail, conditions infernales.

Ça pue la sueur, le fer fondu. Une scène : un ouvrier glisse dans une cuve bouillante, ses cris étouffés par le vacarme. Poilant ? Non, glaçant. Et historiquement juste.





Points forts qui font la différence

  • Intrigue double, bien tricotée : les deux enquêtes s'emboîtent sans confusion.
  • Style fluide, accessible. Phrases qui claquent parfois, pour le suspense.
  • Fond historique solide : on sort en sachant comment on tirait le fil de fer ou la soie à l'époque.
  • Héroïnes fortes, réalistes. Pas de superwomen, juste des battantes.
  • Fin qui surprend, sans twist gratuit. Tout se tient.


Les lecteurs sur Fnac adorent : 5 étoiles en moyenne, des avis comme "page turner" ou "intrigue haletante". Prix Canut 2024, Prix littéraire régional Centre-Sud, et ce Polar + en prime.



Les limites, parce qu'on est honnête chez LivresEnsemble

Parfois, le rythme ralentit quand Baudin explique les techniques industrielles. Utile, mais un poil long pour les impatients.

Certains personnages secondaires manquent de profondeur : vite esquissés pour servir l'intrigue.

Et le dénouement ? Satisfaisant, mais prévisible si on connaît le genre. Rien de grave, le chemin vaut le détour.

Pas pour ceux qui veulent du polar moderne, guns et bagnoles. Ici, c'est cheval, lampe à huile, et machinations ouvrières.





Critères LivresEnsemble pour vous guider

CritèreNote sur 5Pourquoi ?
Ambiance5/5Usines oppressantes, Ain brumeux. Immersion totale.
Rythme4/5Tendu, avec quelques pauses descriptives.
Style4.5/5Clair, évocateur. Quelques longueurs techniques.
Thèmes5/5Exploitation ouvrière, rôle des femmes, industrialisation.
NiveauFacilePas de jargon compliqué, explications intégrées.
Public-Fans de polar historique, histoire industrielle, héroïnes féminines.


Ces critères, c'est notre méthode pour trancher sans bla-bla.



Pour qui ce roman sera un coup de cœur ?

  • Si vous aimez les enquêtes au ras des pavés historiques, comme chez Carlin ou Paulette J. Hersch.
  • Passionnés par l'histoire ouvrière : Révolution industrielle vue de l'intérieur.
  • Ceux qui veulent du suspense sans violence gratuite. Ici, c'est la tension psychologique qui tue.
  • À éviter si vous détestez les descriptions : il y en a, mais justifiées.


Premier roman de Cécile Baudin, chez Presses de la Cité puis 10/18 en poche (384 pages). Sorti en 2023, toujours d'actualité avec ses prix 2024.



Une scène qui reste en tête

Claude, déguisée, inspecte la tréfilerie. Le fil rouge incandescent sort de la machine, comme une veine vivante. Soudain, le corps pendu apparaît, noué dans les torsades métalliques.

Le métal encore tiède colle à la peau. Elle touche du bout des doigts, sent la rigidité. Ce moment-là, j'ai frissonné pour de bon.

C'est ce genre de micro-scène qui ancre le livre dans le réel. Pas juste des mots, des images qui collent.





Et la suite ?

Les avis parlent d'un premier roman réussi, avec envie de lire la suite. Cécile Baudin a-t-elle prévu Claude et Rose dans une autre usine ?

Pour l'instant, savourez celui-ci. 432 pages en grand format, 384 en poche. Facile à emporter.

Lu en VO, mais l'écriture coule sans accroc. Parfait pour un week-end pluvieux, thé fumant à côté.



Comment on évalue chez LivresEnsemble

On lit vraiment. Points forts et faiblesses, sans sucre ajouté. Critères clairs pour que vous sachiez si ça matche avec vos goûts.

Pas de blabla marketing. Juste des conseils pour que vous trouviez LE livre qui vous happe.

Marques de fabrique coche beaucoup de cases. Un détail : les prix multiples prouvent que ça plaît aux jurys exigeants.



Derniers mots avant de tourner la page

Ce polar historique évite les pièges du genre. Pas de manichéisme, pas de romance forcée. Juste une enquête qui met en lumière l'ombre des usines.

Si l'Ain vous parle, ou si vous voulez du fond avec du suspense, foncez. J'ai tourné les pages vite, trop vite peut-être.

Et vous, quel mystère industriel vous intrigue ? Dites-nous en commentaires.




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